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Articles et photos : Actualité sur le canton de Saint-Jean d'Angély (17400), Saintonge, Aunis, sujets divers.

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Lait : producteurs et coopératives, même combat ! (AG ACL 15.06.09)

PRODUCTION LAITIÈRE
Le prix du lait sur la sellette

L'assemblée générale de l’Association Centrale des laiteries coopératives Charentes-Poitou (ACL), s’est tenue au Parc des expositions de Niort, lundi 15 juin. Elle était très attendue des producteurs laitiers qui manifestaient encore récemment sur le prix du lait. La régulation du marché laitier est réclamée par tous, des producteurs aux coopératives laitières.  

Philippe Moinard, de la FRSEA et Jean-Pierre Raffarin, président d’ACL.

Lundi 15 juin, les producteurs se sont rassemblés devant l’entrée du dôme où se tenait la 116e assemblée générale statutaire de l'Association centrale des laiteries coopératives, bien décidés à obtenir des réponses et des propositions destinées à les rassurer sur le prix du lait et sur leur devenir. Etaient notamment présents Philippe Moinard de la FRSEA, Christophe Limoges, de la section Lait 79, Régis Gerbaud, de la section Lait 16, Jean-Paul Jullien, de la section Lait 17, Patrice Murs, de la section Lait 85, Guillaume Mandin, des Jeunes agriculteurs 79… et d’autres manifestants portant drapeaux de leurs syndicats.  

« Je vous ai entendu », a lancé en début d'assemblée Jean-Pierre Raffarin, le président d’ACL, sorti rencontrer les manifestants avant d'annoncer à l'auditoire qu'il leur accorderait un temps de parole. « Nous n’envisageons pas la coopération contre les producteurs et les producteurs contre la coopération. Les producteurs et les coopérateurs même combat, car sans producteurs, il n'y aurait pas de coopérateurs. »  

De gauche à droite : Gérard Budin, président de la FNCL, Elisabeth Morin-Chartier, député européen, Bernard Tomasini, préfet de Région, Jean-Pierre Raffarin, président d’ACL, Jean-Pierre Secq, directeur d’ACL, et Martin Gutton, de la Draf Poitou-Charentes.

Sur fond de réclamation des producteurs, le décor était en place. « Nous sommes réunis cette année dans un contexte économique particulièrement morose, a déclaré Jean-Pierre Secq, directeur de l'ACL, en présentant son rapport au nom du conseil d'administration. L'année 2008 s'est achevée de façon calamiteuse et certains économistes prévoient une année 2009 peut-être pire ! »

Et d’expliquer que la collecte laitière mondiale s’était accrue, avec 3,6 milliards de litres de lait en surproduction pour une demande qui avait considérablement diminué. Avec pour conséquence l'effondrement des cours au plus bas niveau jamais enregistré. « Du jamais vu de mémoire de laitier depuis ces 20 dernières années », commente Jean-Pierre Secq.

Pourtant, l'Union Européenne à 27 devrait terminer la campagne 2008-2009 avec une sous-réalisation record estimée à près de cinq milliards de litres ! 

Les producteurs attendent la fin de l’AG pour un dialogue avec le président Raffarin.

Une situation insoutenable

« Le prix moyen du lait payé en France s’est établi à 0,335 euro le litre en 2008. Après le retournement brutal des marchés laitiers, de nombreuses entreprises ont subi, dès 2008, de lourdes pertes et continuent d'être en difficulté pour avoir payé le lait au-dessus de leur possibilité ».
Aussi certaines coopératives avaient-elles jugé opportun de réécrire la grille de paie, en lissant la baisse « afin d'éviter un déséquilibre insupportable pour nos producteurs ». Ce qui avait suscité une première réaction de colère de ces derniers.

Le 3 juin, sous l’égide du ministre de l’Agriculture, les trois présidents de l'interprofession laitière ont abouti à un accord pour la mise en place d’une contractualisation et une fourchette de prix compris entre 262 euros et 280 euros les mille litres pour 2009, solution insatisfaisante pour tous.

Un deuxième sujet de désaccord concerne l'autorisation de dépassement de quotas, toléré à 10 pour cent, qui a été ramené à zéro par le ministère jusqu'en septembre 2009. Les revenus des producteurs subissant la baisse du prix du lait ne peuvent donc pas non plus être rééquilibrés par une augmentation du volume devenue impossible.  

Jean-Pierre Raffarin : « Nous n’acceptons pas des marchés dérégulés ! »

Très vindicatif au micro, le président Raffarin a rappelé que « le lait n'est pas une matière première comme les autres. On oublie que derrière cette production, il y a des hommes. ». Et de citer la grande distribution et la "Loi de modernisation de l'économie" : « À travers cette loi, les grandes surfaces ont l'impression de pouvoir tout se permettre. Nous n'acceptons pas des marchés dérégulés qui vont écraser les prix : ça arrange les clients, mais, derrière, la grande distribution a sa marge ! » Evoquant les produits AOC, il ajoute : « La qualité et la sécurité, cela a un prix ! »

Un observatoire régional de l’économie agricole

Il a beaucoup été question de régulation. S'adressant à Élizabeth Morin, nouvellement élue au parlement européen, le président Raffarin ajoute avec conviction et véhémence : « On nous a annoncé la fin des quotas et on se rend compte que nous avons besoin d’une régulation. Il n'est pas question de supprimer les quotas sans une autre solution. Nous avons besoin d'une régulation ! » Ce qu’il confirme en s'adressant aussi à Bernard Tomasini, préfet de Région : « Nous comptons sur  vous pour défendre notre bassin laitier et sauver nos producteurs. On ne peut pas accepter la provocation qui consistrait à "produire moins pour gagner plus". Je suis pour la fermeté avec les grandes surfaces car on voit bien où sont les marges ! Nous nous battrons pour des produits de qualité mais il ne faut pas qu’ils soient payés comme des produits industriels banalisés. »  

Bernard Tomasini, préfet de Région : « Nous devons tout faire pour aider les producteurs à passer ce cap… Il est indispensable de parler de manière groupée… Les travaux sur les prix et les marges seront accélérés. »

Une régulation également reprise par Bernard Tomasini, lorsqu’il a annoncé la mise en place de "l'Observatoire régional de l'économie agricole", « le seul qui existe en France ». Michel Barnier, ministre de l’Agriculture et de la Pêche, a dégagé 30 millions d’euros pour un effort de modernisation. Le préfet, annonçant également la création d’une brigade de contrôle (des prix) par région, au sein de la DCCRF, a conclu : « C’est souvent dans les périodes de crise que se mettent en place les outils de modernisation. »

En somme, l'Etat ferait une marche avant sur les marges arrière de la grande distribution.

Les producteurs entrent en salle.

Philippe Moinard de la FRSEA.

En fin d'assemblée générale, les représentants des producteurs ont demandé haut et fort à la tribune une augmentation du prix du lait et une stabilité de leur revenu, comme Philippe Moinard (FDSEA) demandant à la coopération laitière Charentes Poitou, « un accord de commercialisation applicable à toutes les entreprises », Stéphane Clisson, de la Confédération Paysanne, ou comme Guillaume Mandin, des Jeunes Agriculteurs 79, rappelant que « l’accord à 280 euros les mille litres est mauvais quand il faudrait 305 euros » et concluant que « si nous sommes motivés, nous ne pourrons pas tenir longtemps. »

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