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Bernard Bouilloux s’est reconverti dans l’élevage des ovins et la vente en production directe après transformation de la viande par un spécialiste en désossage. Il n’y a plus de vaches à La Benâte, mais seulement des ovins…
» B. M.
Nous, on monte partout et surtout sur notre maman !
Il n'y a plus de meuglements de vaches à La Benâte : seulement quelques bêlements de brebis, celui des béliers et ceux des agneaux tout juste nés qui gambadent tous azimuts.
Vendredi 28 mars, nous avons rendu visite à Catherine et Bernard Bouilloux, producteurs-éleveurs d’ovins dans l’EARL Le vieux Tilleul : un jour de chance, où une dizaine de brebis ont eu droit à des échographies, histoire de vérifier que le bélier de 134 kilos était toujours bien le roi des brebis et un jour où nous avons assisté à un événement important, la mise bas d’une brebis qui a enfanté d’un petit agneau. « Nous avons 190 brebis, sept béliers et 140 agneaux, répartis dans deux bâtiments de 530 et 200 mètres carrés », déclare Bernard Bouilloux. C’est dire qu’en Charente-Maritime, Bernard est classé dans les éleveurs à grands troupeaux.
Moi, ce que j'aime, c'est être à l'aise dans mes baskets et avoir ma petite laine aux sabots dans la journée !
Auparavant, Bernard Bouilloux élevait une trentaine de vaches laitières et 25 à 30 génisses. Ce qu’il a arrêté complètement en mars 2007. Il a fait des agrandissements importants à ses étables. Les bâtiments sont donc récents et tout est étudié pour la circulation, le tri et la manipulation des moutons. Les agrandissements, transformations et aménagements intérieurs, représentent un investissement de 50 000 euros, montant pour lequel il n’a pas encore perçu de subvention : « J’ai commencé les travaux trop tôt ! Il ne fallait pas que je commence les travaux avant de percevoir des aides, mais comment voulez-vous vivre sans rien faire, entre l’arrêt des vaches, les dossiers à monter, les travaux et le début des ovins ? Je n’aurais pas pu arriver à produire avant 2010 ou 2012. J’espère cependant avoir les subventions… J’ai encore 6 000 euros de projets pour les aménagements nécessaires aux échographies, l’aménagement de mon ancien local laiterie, etc. »
Thierry commente l’échographie qu’il est en train de faire sur la brebis. (photo B. M.)
Thierry, échographe sur les brebis, chèvres et vaches : « Le principe de l’échographie est le même que pour les humains, mais le matériel est adapté au monde rural et aux animaux, beaucoup plus compact. L’image est moins sophistiquée mais suffisamment bonne pour son interprétation, pour déterminer l’âge de la gestation et le nombre d’agneaux portés par la brebis. Les éleveurs peuvent ainsi s’organiser pour les mises bas. Ils veulent surtout détecter les brebis ou les chèvres "vides" le plus tôt possible pour les remettre avec un bélier ». Sur la dizaine de brebis, la moitié portait un agneau et une brebis en avait deux. « En Charente-Maritime où je travaille principalement, il y a plus de vaches laitières et de vaches allaitantes mais la chèvre et la brebis se développent bien ». L’échographie est d’abord un acte vétérinaire, mais Thierry est plus complémentaire que concurrent dans ce domaine, le cheptel bovin étant plus "orienté" vers le vétérinaire, tout comme l’échographie des juments poulinières.
Contact : Catherine et Bernard Bouilloux, "EARL Le vieux tilleul" 28 rue de la République 17400 La Benâte Tél. : 05 46 59 71 72 et 06 75 61 73 76.
C’était la première mise bas de la brebis et Catherine et Bernard ont du l’aider pour que le l’agneau naisse sans problème. (photo B. M.)
L'agneau dans la première minute de sa vie, n'a pas encore posussé son premier cri.
C'est une bonne mère qui nettoie son bébé en le léchant partout pour le nettoyer et le séche
Un élevage original
La production de moutons en France a ceci d’original qu’elle bénéficie d’une prodigieuse diversité de races, de terroirs, de climats, de types et de systèmes de production.
Avec plus de 30 races, les ovins sont présents partout en France. Dans la moitié nord les races d’herbage à longue laine, comme le Texel, grandes et robustes, sont exploitées avec les bovins. Dans les plaines du Bassin Parisien, évoluent de grands troupeaux de race précoce, comme l’Ile de France. Les terres difficiles et irrégulièrement arrosées du Centre-Ouest, entre la Loire et la Gironde, supportent l’effectif principal du cheptel français : dans les zones les plus arrosées évolue le mouton vendéen, tandis que dans les autres, la Charmoise et le Southdown, de taille moyenne, rustiques et bien conformés, servent de base à des croisements divers pour donner les populations locales. Au sud de la Loire, les races rustiques, telles le Blanc du massif Central, la Noire du Velay ou la Causses du Lot sont très bien adaptées aux terrains difficiles du Haut Limousin, de l’Auvergne, des Causses, des Préalpes du Sud ou des Pyrénées. Le gros effectif des laitières, les Lacaune, Manech et Basco-Béarnaise se retrouve au sud du Massif Central et à l’Ouest des Pyrénées. Les races mérinos évoluent entre les plaines du Bas-Rhône et les estives des Alpes.